LES REVENUS MONDIAUX DE LA MUSIQUE ENREGISTRÉE AUGMENTENT DE 7,4%

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L’IFPI, qui représente l’industrie de la musique enregistrée dans le monde, annonce une sixième année consécutive de croissance en 2020 pour le marché mondial de la musique enregistrée avec +7,4% et un chiffre d’affaires total de 21,6 milliards US $.

Cette croissance a été générée par le streaming, notamment par les revenus des abonnements payants, en hausse de 18,5 %. A fin 2020, on dénombrait 443 millions d’utilisateurs de comptes d’abonnement payants. Les revenus du streaming (abonnements payants et issus des services financés par la publicité) ont augmenté de 19,9 %, atteignant 13,4 milliards de dollars, soit 62,1 % du total des revenus mondiaux de la musique enregistrée.

La progression des revenus du streaming a plus que compensé le recul des revenus des autres formats, notamment ceux des ventes physiques, en baisse de 4,7 %, et ceux des droits voisins qui ont diminué de 10,1 % – en grande partie à cause de la pandémie COVID-19.

Le travail et l’investissement des maisons de disques ont jeté les bases d’une industrie essentiellement numérique qui a prouvé sa résilience face aux circonstances extraordinaires de 2020. Au cours d’une année difficile, les producteurs ont travaillé aux côtés de leurs partenaires les artistes pour les aider à créer et à enregistrer leur musique ; l’ensemble du secteur a poursuivi le développement de solutions innovantes pour que les fans du monde entier puissent continuer à découvrir la musique.

Frances Moore, directrice générale de l’IFPI, a déclaré : « Alors que le monde est confronté à la pandémie de COVID-19, la capacité indéfectible de la musique pour consoler, guérir et remonter le moral nous est rappelée.

« Certaines choses sont intemporelles, comme le pouvoir d’une grande chanson ou le lien entre un artiste et ses fans. Mais certaines choses ont changé. Alors qu’une grande partie du monde est enfermée et que la musique vivante est à l’arrêt, dans presque tous les coins du globe, la plupart des fans peuvent profiter de la musique grâce au streaming.

« Grâce à l’investissement constant des maisons de disques dans les artistes et leurs carrières, ainsi qu’aux efforts novateurs déployés pour aider les artistes à offrir de la musique aux fans par de nouveaux moyens, les revenus de la musique enregistrée ont augmenté dans le monde pour la sixième année consécutive, grâce au streaming par abonnement. Alors que les maisons de disques continuent d’étendre leur empreinte géographique et leur portée culturelle, la musique est aujourd’hui plus que jamais connectée au niveau mondial et cette croissance s’est propagée dans toutes les régions du globe.

« Avec autant de personnes touchées par la pandémie, et préoccupées par les injustices sociales croissantes, les maisons de disques se sont mobilisées pour apporter une contribution significative et durable au monde dans lequel nous voulons vivre. »

 

Croissance dans toutes les régions du monde

En 2020, les revenus de la musique enregistrée ont progressé dans toutes les régions du monde par rapport à l’année précédente, notamment :

L’Amérique latine a maintenu sa position de région à la croissance la plus rapide au niveau mondial (15,9 %), les revenus du streaming ayant augmenté de 30,2 % et représentant 84,1 % des revenus totaux de la région.

L’Asie a connu une croissance de 9,5 % et les revenus numériques ont dépassé, pour la première fois, la part de 50 % des revenus totaux de la région. Si l’on exclut le Japon (dont les revenus ont diminué de 2,1 %), l’Asie aurait été la région à la croissance la plus rapide, avec une croissance exceptionnelle de 29,9 %.

Pour la première fois inclus dans ce rapport, les revenus de la musique enregistrée dans la région Afrique et Moyen-Orient ont augmenté de 8,4 %, principalement grâce à la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (37,8 %). Le streaming a dominé, avec des revenus en hausse de 36,4 %.

Les revenus en Europe, le deuxième plus grand marché au monde pour la musique enregistrée, ont augmenté de 3,4 %, la forte croissance du streaming (20,7 %) ayant compensé la baisse des revenus de tous les autres formats.

Les régions États-Unis et Canada ont connu une croissance de 7,4 % en 2020. Le marché américain a augmenté de 7,3 % et les revenus de la musique enregistrée au Canada ont augmenté de 8,1 %.

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Notes aux rédacteurs :

Rapport mondial sur la musique 2021 : Rapport complet – avec données et analyses : Achetez le rapport complet avec données et analyses ici.

À propos de l’IFPI
Avec plus de 8 000 labels et producteurs membres, L’IFPI représente l’industrie du disque dans le monde. Nous nous efforçons de promouvoir la valeur de la musique enregistrée, de faire campagne pour les droits des producteurs de musique enregistrée et de développer les utilisations commerciales de la musique enregistrée dans le monde.
 Pour de plus amples informations, veuillez contacter :  press@ifpi.org | +44 (0)20 7878 7979

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Après 4 ans de résultats positifs, le marché 2020 de la musique enregistrée en France reste stable à 781 M€, preuve de la solidité de son modèle économique qui a su tenir le cap malgré un contexte complètement bouleversé par la crise sanitaire.

L’arrêt total des concerts et des festivals depuis mars dernier, des sorties reportées, des plans de promotion bousculés, des points de ventes fermés n’ont pas stoppé la dynamique retrouvée depuis 5 ans mais l’ont néanmoins freinée.

Tout au long de cette année atypique, la consommation et donc les revenus de la musique, ont subi les conséquences de la pandémie. L’écart entre la progression du streaming et le recul des ventes physiques s’est creusé, confirmant l’évolution des usages.

L’autre incidence négative des circonstances exceptionnelles sur le marché est l’impact de la fermeture des magasins et lieux publics sonorisés, conjuguée à la baisse des revenus publicitaires des médias traditionnels.

Cela a provoqué un recul sensible des droits voisins de -19%.

En progression de 4%, les ventes physiques et numériques ont généré 658M€, retrouvant ainsi leur niveau de 2008 mais encore à seulement 46% de celui de 2002.

Le marché français s’est réinventé en seulement 7 ans et tire désormais près de 3/4 de ses revenus des exploitations numériques, soit l’exact inverse de 2013.

Cette mutation du modèle économique s’est appuyée sur le streaming dont l’usage continue de progresser au sein de la population, avec 70% d’utilisateurs, et qui est devenu le mode d’écoute principal de musique des moins de 35 ans.

Le streaming a ainsi affiché une nouvelle progression significative de son chiffre d’affaires : + 20 %.

Et pour la 1ère fois en France, le streaming par abonnement a généré à lui seul plus de la moitié du chiffre d’affaires annuel.

Au cœur de la création de valeur, l’abonnement s’est révélé particulièrement résistant aux aléas, même brutaux et imprévisibles.

Il alimente l’essentiel de la croissance des ventes, avec des revenus en hausse de 23%, tout comme celle du nombre d’utilisateurs de comptes payants qui franchit en 2020 le seuil des 12 millions.

Quant aux revenus générés par les supports physiques, durement atteints par les conséquences de la pandémie, ils fléchissent de 20%.

Mais ils représentent encore plus d’un quart des ventes globales de musique en France malgré 3 mois de fermeture pour les magasins et rayons culturels, désormais reconnus comme commerces essentiels.

Le vinyle en revanche, tire son épingle du jeu et poursuit sa progression : en hausse de 10%, il représente 28% des ventes physiques, une part qui a plus que doublé en 3 ans et génère des revenus supérieurs à ceux du streaming vidéo.

L’environnement atypique de cette année hors norme n’a pas affecté l’engouement du public pour la production musicale hexagonale.

Pour la 3ème année consécutive, 19 albums du TOP 20 sont des productions françaises, chantées en français, comme 80% des meilleures ventes 2020.

Ces scores ne sont pas un épiphénomène, mais une tendance forte dans la durée : depuis 6 ans, 17 à 19 productions françaises figurent systématiquement dans les 20 meilleures ventes annuelles d’albums.

Autre indicateur de la vitalité de la production française : la jeune génération toujours très présente aux côtés des artistes confirmés. Cette année encore près d’1/4 des albums classés sont des premiers albums.

Quant aux productions françaises de rap et de musiques urbaines, elles affichent encore en 2020 un franc succès, occupant la moitié des places du Top 200 … mais la chanson et la pop françaises sont elles aussi au rendez-vous des meilleurs scores de l’année, tant avec les jeunes talents que les artistes consacrés…

Le classique et le jazz ne sont pas en reste avec une part également prépondérante de productions made in France dans les meilleures ventes de ces répertoires.

Alexandre Lasch, directeur général déclare : « Malgré la crise, les producteurs ont poursuivi sans relâche le travail de développement, d’accompagnement et de promotion des artistes, privés de scène depuis plus d’un an.

Ils ont continué à prendre des risques et investi plus de 300 M€, pour les nouvelles signatures ou les nouvelles productions, pour les enregistrements, le marketing et toutes les formes de promotion qu’il a fallu adapter aux restrictions imposées par la situation sanitaire ».

Aujourd’hui, l’enjeu des producteurs de musique est de conserver cette capacité à investir. La constance de leur engagement financier fait d’eux le premier et le principal levier des carrières et des succès.

C’est pourquoi la pérennité et la qualité du dispositif de crédit d’impôt et des aides exceptionnelles aux entreprises de la musique enregistrée sont si déterminantes dans ces temps totalement inédits…

Face aux fermetures de points de ventes, à l’absence de tournées, festivals et autres rencontres avec le public, les labels ont mobilisé leurs équipes et leurs ressources pour surmonter les nouveaux défis et porter, malgré tout, les nouveaux projets, l’univers et les sons des artistes, à l’attention des fans de toutes les musiques.

À propos du SNEP : Le SNEP, syndicat national de l’édition phonographique, est la principale organisation patronale regroupant les producteurs, éditeurs et distributeurs de musique enregistrée, partenaires des artistes de la musique. Il représente les intérêts de l’ensemble des labels français, de toutes tailles et de tous horizons musicaux, dont le chiffre d’affaires s’est élevé en 2020 à 781 millions d’Euros. Le SNEP est membre de la Fédération internationale de l’industrie phonographique (IFPI), du MEDEF et de la Fédération des entreprises du spectacle, de la musique, de l’audiovisuel et du cinéma (FESAC). Son conseil d’administration est composé des dirigeants des sociétés ARB Music, Sony Music France, Tricatel, Universal Music France, Verycords et Warner Music France.
Contact Patricia Sarrant : 01 47 38 04 04

Le Groupe M6, partenaire historique de l’industrie musicale, et le SNEP, Syndicat National de l’Edition Phonographique, annoncent un accord pour développer la place et la visibilité des diffusions de musique.

Alors que la culture est particulièrement affectée par les conséquences de la crise sanitaire, le Groupe M6 affiche son engagement vis-à-vis des artistes, de la musique et des entreprises qui les accompagnent.

M6 et W9 vont ainsi accroître durablement l’exposition de la musique et l’actualité des artistes, avec notamment la diffusion d’au moins 9 émissions musicales par an en première partie de soirée ; ces émissions seront consacrées aux variétés, à la musique interprétée et aux nouveautés de l’année. C’est notamment dans ce cadre que W9 programmera une cérémonie musicale pour récompenser les succès français de l’année.

Concernant les musiques diffusées, M6, W9 et le SNEP veilleront à l’exposition de la production musicale des labels dans toute leur diversité, quelle que soit leur taille ; en tant que diffuseurs et producteurs, ils affichent aussi des ambitions communes sur la présence des artistes féminines à l’antenne et leur représentation au sein des diffusions musicales dans leur ensemble.

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À propos du Groupe M6 : Créé en 1987 autour de la chaîne M6, le Groupe M6 est un groupe plurimédia puissant, offrant une large gamme de programmes, de produits et de services. Télévision (13 chaînes dont M6, 2ème chaine privée de France), radio (3 stations dont RTL, 1ère radio privée de France) mais aussi production et acquisition de contenus, digital, e-commerce, cinéma, musique, spectacles… Fort de ses marques et de ses contenus, le Groupe M6 a progressivement étendu ses activités à travers des diversifications ciblées et des offres innovantes telles que 6play plateforme digitale lancée en 2013 (plus de 17 millions d’utilisateurs actifs) et Salto lancée en 2020. Son objectif : développer la complémentarité de ses marques afin de répondre aux attentes de ses différents publics et à leurs nouveaux modes de consommation. Plus d’informations : groupem6.fr

Contact Groupe M6 : Paul MENNESSON – paul.mennesson@m6.fr – 01 41 92 61 36

À propos du SNEP : Le SNEP, syndicat national de l’édition phonographique, est la principale organisation patronale regroupant les producteurs, éditeurs et distributeurs de musique enregistrée, partenaires des artistes de la musique. Il représente les intérêts de l’ensemble des labels français, de toutes tailles et de tous horizons musicaux, dont le chiffre d’affaires s’est élevé en 2019 à 773 millions €. Le SNEP est membre de la Fédération internationale de l’industrie phonographique (IFPI), du MEDEF et de la Fédération des entreprises du spectacle, de la musique, de l’audiovisuel et du cinéma (FESAC). Son conseil d’administration est composé des dirigeants des sociétés ARB MusicSony Music FranceTricatelUniversal Music France, Verycords et Warner Music France

Contact SNEP : Patricia SARRANT –  patricia.sarrant@snepmusique.com – 01 47 38 04 04

 

The Weeknd (Island Def Jam/ Universal Music) signe une double performance historique en occupant les 2 premières places du Top 100 Radio de l’année 2020. « Blinding lights » et « In your eyes » occupent respectivement la 1ère et 2ème place du Top 100 . 

C’est la première fois qu’un artiste réussit une telle performance en radio. « Blinding lights » cumule plus de 110.000 diffusions sur les ondes et un peu plus de 2,5 milliards de contacts en termes d’audience.

Le titre signe le record absolu de longévité à la 1ère place de l’airplay hebdomadaire avec 20 semaines de présence à la tête des classements radio. Il s’agit de la meilleure performance au sein de l’airplay  (les diffusions radio) depuis la création de Yacast. A noter que le record précédent était détenu par Mary J Blige « Family Affair » en 2001.

Le second single de The Weeknd « In your eyes », présent à la 2ème place du classement,  cumule plus de 100.000 diffusions et un peu plus de 1,7 milliards de contacts.

La 3ème place du classement revient à Nea « Some day » (RCA / Sony Music). L’artiste Suédoise cumule plus de 106.000 diffusions et un peu plus de 1,6 milliards de contacts. Sorti fin d’année 2019, « Some day » s’est hissé jusqu’à la 2ème place de l’airplay radio, une  position que l’artiste a occupée pendant 11 semaines. Le titre a été joué plus de 1.000 fois sur NRJ, Fun Radio et Virgin Radio.

Côté répertoires, les titres francophones classés dans le Top 100 sont quasiment aussi nombreux  que les titres internationaux (45/ 55).

La meilleure performance francophone de l’année revient au groupe Indochine (RCA / Sony Music). « Nos Célébrations » se hisse à la 11ème place du Top Radio. Le titre a cumulé près de 60.000 diffusions soit, en termes d’audiences, plus d’un milliard de contacts. «  Nos Célébrations » a été joué plus de 700 fois sur RTL2, et presque autant sur RFM et M Radio.

Le groupe formé en 1981 a connu 4 décennies de succès ininterrompu en radio.

Entre 2000 et 2020, période couverte par Yacast,  le groupe Indochine s’est hissé à 5 reprises dans le top 100 annuel : En 2002 « J’ai demandé à la lune », en 2003 « Le Gand Secret »,en 2017 «  La vie est belle »  en 2018 « Un été français » et « Nos célébrations » en 2020.

 Quant à Camélia Jordana , elle signe avec  « Facile » (Indifférence Prod), la 2ème meilleure performance francophone de l’année en radio et en télévision.

Le titre classé à la 12ème place du Top 100 Radio figure également à la 2ème place du Top TV derrière Angèle « Oui ou non » (Initial) . Le single de Camélia Jordana cumule plus de 60.000 diffusions et un peu plus d’un milliard de contacts. « Facile » a été joué plus de 1.000 fois sur Virgin Radio et cumule 700 diffusions sur NRJ.

L’ÉDITION 2020 DE « L’ECONOMIE DE LA PRODUCTION MUSICALE » DISPONIBLE AUJOURD’HUI.
 
 
Synthèse des résultats 2019 du marché de la musique enregistrée, en France et dans le monde, enrichie des données inédites sur la consommation et la distribution de musique physique et numérique, les meilleures ventes et diffusions, les certifications.

SOMMAIRE

  • Chapitre 1 : Le marché français de la musique enregistrée et la vitalité de la production française en 2019
  • Chapitre 2 : La consommation de musique : le streaming poursuit sa spectaculaire ascension
  • Chapitre 3 : Le marché mondial en 2019
  • Chapitre 4 : Musique et Médias
  • Chapitre 5 : Les acteurs de la distribution de musique
  • Chapitre 6 : Les artistes qui ont marqué l’année 2019

Musique enregistrée : résultats du premier semestre 2020 

Robustesse du nouveau business model de la musique enregistrée à l’épreuve d’un contexte hors norme mais des exploitations physiques durement touchées
 

Avec un chiffre d’affaires de 279 M€ et après 3 ans consécutifs de croissance, le marché de la musique enregistrée affiche un résultat tout juste positif (+0,4%) au terme des 6 premiers mois de l’année 2020 (vs 1er semestre 2019). Ce ralentissement brutal de la croissance retrouvée ces dernières années est bien sûr imputable aux conséquences de la crise sanitaire, et notamment à la période de confinement du printemps dernier. Les exploitations numériques, fondamentaux du nouveau modèle de développement du marché, démontrent dans ces circonstances, leur résistance aux aléas les plus sévères.

Dès le début de cette période très particulière, les producteurs de musique se sont mobilisés aux côtés des artistes et de leurs partenaires pour continuer à découvrir, investir, produire, accompagner les talents et les nouveaux projets ; ils ont trouvé des fenêtres d’exposition innovantes pour ces nouvelles productions, et des moyens de les faire rayonner partout où c’était possible.

Alexandre Lasch, directeur général du SNEP déclare : 

« Ces efforts conjugués à la résistance de la progression du streaming (+17,7%) ont permis de compenser le recul marqué des ventes physiques (-36,8%) dû à la fermeture de la plupart des points de vente. Compte-tenu du lien étroit et de la complémentarité entre la musique enregistrée et la scène, il est indispensable que les concerts reprennent le plus tôt possible dans des conditions économiques et sanitaires satisfaisantes. »

Les résultats présentés aujourd’hui doivent être appréhendés à l’aune des bouleversements inédits de l’économie et de la consommation constatés en France comme sur tous les territoires affectés par la pandémie. Ils donnent une photographie du marché de la musique enregistrée mais ne peuvent être appréciés dans la continuité de l’évolution constatée depuis 2016.

Néanmoins, un premier semestre qui ne pèse traditionnellement que 40% du marché annuel, des sorties décalées sur la deuxième partie de l’année s’ajoutant à celles initialement prévues et les signes encourageants constatés sur les ventes physiques depuis le déconfinement, tout particulièrement pour le vinyle, sont autant d’indicateurs positifs pour espérer raisonnablement une consommation soutenue durant les prochains mois.

Ce bilan, qui présente une franche rupture de tendance liée à la crise sanitaire, doit inciter les pouvoirs publics à maintenir et améliorer les mécanismes de soutien à la relance du marché de la musique enregistrée et de l’ensemble de ses partenaires, notamment au travers du CNM.  

Contact : Patricia Sarrant – 01 47 38 04 04

Le Premier ministre a dévoilé jeudi dernier les grandes mesures du plan de relance pour le secteur culturel et le SNEP se réjouit tout particulièrement de la prolongation du CIPP pour deux années supplémentaires – jusqu’au 31 décembre 2024 : c’est plus de sécurité, plus de visibilité pour encourager les investissements des producteurs phonographiques au profit des jeunes talents francophones dans un contexte économique particulièrement dégradé.

Cette prolongation est plus que bienvenue précisément parce que le CIPP est un dispositif qui a déjà fait ses preuves en temps de crise et qui continue de démontrer son efficacité structurante pour la filière avec les années. Il présente quatre vertus cardinales :

  • Diversité(nouveaux talents et francophonie) : de manière générale, plus de 80% des nouveaux talents se classant dans le TOP 200 en bénéficient.
  • Emploi: le nombre de salariés est trois fois plus important dans les structures bénéficiaires.
  • Ruissellement: ce dispositif bénéficie à toujours plus d’entreprises depuis sa création et largement aux TPE qui représentent 50% du montant total restitué.
  • Sobriété (11M€) : la dépense fiscale reste stable : cette absence d’inflation montre aussi l’absence d’effets d’aubaine.

Rappelons enfin que l’ajustement technique effectué dans la dernière loi de finances à la demande du SNEP pour autoriser le lancement des dépenses de production dès le dépôt au ministère de la Culture du dossier de demande d’agrément, sans attendre la délivrance de l’agrément provisoire par le comité d’experts, ne peut que fluidifier le recours au dispositif à l’avenir.

Les producteurs de musique engagés pour préserver le réseau des disquaires, maillage exceptionnel pour l’accès à la culture partout en France demandent à l’Etat de défendre la baisse de la TVA sur les CD & vinyles auprès de ses partenaires européens.

Le support physique résiste mieux en France que dans la plupart des grands marchés de la musique. Et c’est grâce à la puissance du réseau de distribution physique, fort de plus de 4.000 points de vente.

Les partenaires des producteurs se composent d’enseignes très différentes, du disquaire indé aux grandes surfaces alimentaires en passant bien sûr par les enseignes culturelles et la vente en ligne. Ce réseau irrigue le territoire, il concourt à un très large accès à la culture, y compris là où les équipements culturels font défaut.

Le disque vinyle représente désormais à lui un cinquième du marché physique français de la musique enregistrée, avec un chiffre d’affaires gros stable – en raison de la mise en place du dépôt-vente dans un nombre grandissant d’enseignes. Mais l’engouement exceptionnel du public pour le 33 tours ne se dément pas : le chiffre d’affaires détail continue à progresser rapidement, à +12%.

Et ce phénomène ne concerne pas que les nostalgiques, loin s’en faut, puisque 

  • 42% des acheteurs d’albums vinyle ont moins de 30 ans
  • Les nouveautés musicales occupent une place toujours significative dans le top 50 vinyle. Aux côtés de Bob Marley ou de Miles Davis, on trouve désormais dans ce classement le dernier opus de Renaud, de Coldplay ou de Mylène Farmer et de premiers albums comme ceux de Clara Luciani, Roméo Elvis, Angèle ou Billie Eilish.

En 2020, la musique va perdre 4,5Mds€ sur les 10,2Mds€ qu’elle devait générer : le spectacle vivant est le plus durement touché avec des effets en cascade sur l’ensemble de la chaîne de valeur, de la diffusion à la création en passant par la production et l’édition musicale. L’interdépendance est l’essence même de notre filière. Et parce qu’il est encore temps de protéger les créateurs, de soutenir les structures et les entreprises qui les accompagnent, de sauver les 257 000 emplois qui font vivre la musique et de se battre pour que la diversité reste la priorité de tous, TPLM  formule 10 propositions aux pouvoir publics.

Téléchargez l’étude EY – TPLM

1. Apporter davantage de clarté et d’anticipation dans les conditions de réouverture des salles de spectacle et d’autorisation des festivals, afin de répondre au besoin de visibilité de la filière musicale.
• Élaborer des aides publiques spécifiques pour compenser les surcoûts et les pertes en revenu liés aux mesures sanitaires qui seront imposées aux salles et aux manifestations.

2. Mettre en place un accompagnement social et fiscal adapté à l’ampleur de la crise.
• Préciser le contenu des « quatre mois sans charges pour les artistes-auteurs » annoncés par le chef de l’État.
• Prolonger d’au moins 18 mois le dispositif d’activité partielle pour les entreprises de la musique.
• Faire jouer pleinement à l’assurance-chômage des intermittents du spectacle son rôle de filet de sécurité.
• Prendre des mesures vouées à préserver la trésorerie des entreprises, notamment en renforçant le crédit d’impôt phonographique (CIPP) et le crédit d’impôt pour le spectacle vivant (CISV), et en mettant en place un crédit d’impôt pour les éditeurs de musique.
• Défendre une TVA à 5,5 % sur les CD et les vinyles.

3. Obtenir que les aides et subventions soient instruites, votées, validées et versées le plus rapidement possible, indépendamment de la réalisation ou non des actions aidées, et que la clause « de service fait » soit effectivement levée.

4. Reconduire en 2021 la mesure permettant aux organismes de gestion collective (OGC) de consacrer une partie des « 25 % » de la copie privée à des mesures d’urgence.

5. Ouvrir des discussions entre représentants des bailleurs et représentants des salles de spectacle sur les loyers correspondant tant à la période d’interdiction d’ouverture qu’à la période de réouverture en mode dégradé.

6. Organiser un « Valois de la musique ».
• Bâtir avec l’État et les collectivités locales une véritable trajectoire pluriannuelle de relance de la filière, dotée de moyens correspondant
à l’ampleur de la destruction de valeur à l’œuvre depuis la mi-mars.
• Créer un pacte d’investissement public en faveur de la création à la mesure de la place de ce secteur dans l’économie française.

7. Faire bénéficier le Centre National de la Musique de ressource fiscale nouvelle, significative et pérenne (TOCE, GAFAN, etc.) dans le prolongement de l’annonce faite par le chef de l’Etat d’un abondement de 50 millions d’euros pour le CNM. Compte tenu de la destruction de valeur que subit la filière, l’établissement public a besoin de moyens adaptés à ses missions et à la relance. La fragilité du CNM est aggravée par le fait que son financement actuel repose en majeure partie sur la taxe fiscale sur les spectacles de variétés,
dont le produit sera quasiment nul en 2020. Face à une telle situation, le CNM est dans l’incapacité de soutenir durablement la filière musicale.

8. Transposer dès que possible les trois directives adoptées à Bruxelles l’année dernière (droit d’auteur, câble-satellite et services de médias audiovisuels) et qui posent notamment les bases d’une plus juste rémunération de tous les acteurs de la création au titre de l’activité
des Gafas, singulièrement de YouTube.

9. Exhorter radios, télévisions, plateformes et lieux de diffusion de musique lorsqu’ils rouvriront, à diffuser et programmer un maximum de titres de production française.
• Demander en outre aux pouvoirs publics, en particulier au Conseil supérieur de l’audiovisuel, de défendre avec force les quotas radio, qui s’avèrent encore plus vitaux en période de crise.

10. Prendre des mesures de soutien à la demande de biens culturels produits en France.
• Conforter le programme de commande publique annoncé par le chef de l’État.
• Réorienter le Pass Culture vers les arts vivants et les productions locales.
• Acheter massivement des instruments de musique pour concrétiser l’objectif d’un orchestre dans chaque école.
• Conforter l’audiovisuel public, partenaire indispensable de la filière musicale.

                                             

Les producteurs de musique du SNEP et de l’UPFI, publient une évaluation de l’impact économique de la crise sanitaire sur le marché de la musique enregistrée, réalisée par EY. Des chiffres qui attestent de difficultés persistantes bien au-delà de l’année 2020 mais qui n’empêcheront pas pour autant la dynamique de la production musicale.

Au cœur de la chaîne de valeur des industries musicales, les producteurs de musique ont subi, à l’occasion de la crise du Covid-19, des pertes importantes qui ont brutalement freiné une croissance tout juste retrouvée. Fin 2020, le chiffre d’affaires de la musique enregistrée accusera une baisse avoisinant 235 M€ (retail HT), soit une chute de 21%.

Les revenus du streaming (-7% par rapport au CA prévisionnel avant Covid) ne permettront pas d’amortir l’effondrement des ventes de disques et des droits voisins (-40% par rapport au CA prévisionnel avant Covid pour 2020), dû à la fermeture des magasins et autres lieux ouverts au public. La chute des droits normalement collectés sur la période affectera au-delà des six prochains mois les revenus des producteurs, et les aides apportées à plus de 300 projets potentiels.

 Alexandre Lasch, DG du SNEP, déclare : « En dépit du contexte et des contraintes liées aux mesures sanitaires, les producteurs ont continué sans relâche le travail de développement, d’accompagnement et de promotion de leurs artistes.

L’enjeu crucial aujourd’hui est de parvenir à minimiser l’impact et l’ampleur de ces pertes dans la durée, à préserver la capacité d’investissement, l’émergence de nouveaux talents et la diversité artistique et musicale dont la France reste un creuset. L’interdépendance qui lie tous les acteurs de la filière exige la relance la plus rapide des activités de chacun, qui bénéficiera à tous. En particulier, lors de la reprise des concerts que nous attendons tous, les artistes devront pouvoir défendre de nouveaux albums sur scène pour que le public soit au rendez-vous.

C’est pourquoi les producteurs accueillent favorablement les mesures transverses déployées par le gouvernement, le réarmement budgétaire du Centre National de la Musique et la revalorisation des outils facilitant l’accès au crédit bancaire.

Guilhem Cottet, DG de l’UPFI, affirme    : « Nous appelons également l’État à mettre en œuvre une stratégie ambitieuse en faveur d’un secteur qui a su se réinventer et a développé un réel potentiel à l’international. »

Dans cet esprit, les producteurs formulent des propositions fortes mais réalistes et nécessaires :

  • Pérenniser et renforcer le crédit d’impôt à la production phonographique pour qu’il joue pleinement son rôle d’incitation à la production d’albums de nouveaux talents ;
  • Consolider les moyens alloués au CNM, la maison de la création ;
  • Plaider au niveau européen en faveur d’un taux de TVA réduit sur les CD et les vinyles (à l’image des autres produits culturels taxés à 5,5%) pour protéger les 4.000 points de vente en France, commerces de proximité, pourvoyeurs d’emplois et d’un accès démocratique aux produits culturels sur l’ensemble du territoire ;
  • Enfin, mettre en place un plan d’aide directe au bénéfice des TPE du secteur, dont le modèle économique est souvent incompatible avec les mécanismes de prêts.

C’est à ces conditions que la production musicale française pourra tenir une place à la hauteur de ses talents et de ses ambitions dans la grande bataille internationale des contenus, et faire ainsi rayonner la scène française dans l’hexagone et dans le monde entier.

Téléchargez l’étude complète ici : Etude EY impact COVID19 sur la musique enregistrée

Contacts :

SNEP

Alexandre Lasch, Directeur général

Alexandre.lasch@snepmusique.com – 01 47 38 04 01

UPFI

Guilhem Cottet, Directeur général

guilhem.cottet@upfi.fr – 06 32 51 59 63